25 Mart 2010 Perşembe

Les fléaux qui s'abattirent sur Pharaon et les siens

La peste est dans tout le pays.

Le sang est partout.

Ipuwer Papyrus, chapitre 2, pages 5-6

Pharaon et son cercle étaient si profondément plongés dans leur polythéisme et leur idolâtrie, à savoir "la religion de leurs ancêtres", qu'ils n'envisageaient aucunement de pouvoir y renoncer. Même les miracles accomplis par Musa ne suffirent pas à ébranler leurs superstitions. De plus, ils exprimèrent leur négation ouvertement:

Et ils dirent: "Quel que soit le miracle que tu nous apportes pour nous fasciner, nous ne croirons pas en toi." (Surat al-A'raf: 132

À cause de leur comportement, Allah fit s'abattre sur eux séparément plusieurs fléaux "surnaturels" (Surat al-A'raf: 133) pour leur faire goûter aux tourments de ce monde, précédant bien évidemment les tourments éternels de l'au-delà. Le premier malheur a consisté en une sécheresse et une raréfaction des récoltes. À ce propos, le Coran précise:

Et Nous avons éprouvé les gens de Pharaon par des années de disette et par une diminution des récoltes afin qu'ils se rappellent. (Surat al-A'raf: 130)

Les Égyptiens avaient basé leur système agricole sur le fleuve Nil et, par conséquent, ils n'étaient pas soumis aux aléas climatiques. Mais un désastre inattendu survint à cause de l'arrogance et de l'orgueil de Pharaon et de ses proches à l'égard d'Allah et de leur rejet de Son prophète. Ainsi le niveau des eaux du Nil se mit-il à baisser sérieusement, et les canaux d'irrigation issus du fleuve se montrèrent défaillants dans l'apport d'eau aux cultures. De plus, une extrême chaleur causa le dessèchement des récoltes. Les Égyptiens furent très ébranlés car ils considéraient le fleuve Nil comme étant infaillible. Cette sécheresse éprouva aussi Pharaon, qui avait pour habitude de s'adresser à son peuple en ces termes:

… Ô mon peuple! Le royaume d'Égypte ne m'appartient-il pas ainsi que ces canaux qui coulent à mes pieds? N'observez-vous donc pas? (Surat az-Zukhruf: 51)

Cependant, au lieu de tirer des enseignements de cette situation, Pharaon et ses proches pensèrent que Musa et les Enfants d'Israël étaient la cause de ces malheurs, aveuglés qu'ils étaient par leurs superstitions. Ils ne firent en fait que s'enfoncer dans leur insolence, et d'autres malheurs allaient suivre; Allah leur envoya une série de désastres énumérés dans le Coran:

Et Nous avons envoyé sur eux l'inondation, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang, comme signes explicites. Mais ils s'enflèrent d'orgueil et demeurèrent un peuple profondément pécheur. (Surat al-A'raf: 133)

Ces plaies qui firent souffrir l'Égypte sont également décrites dans l'Ancien Testament, en accord cette fois-ci avec le Coran:

Et si tu refuses de les laisser partir, eh bien Je répandrai des grenouilles à toutes tes frontières: et le fleuve regorgera de grenouilles, qui sortiront de l'eau pour venir dans ta maison et dans ta chambre à coucher, et sur ton lit, et chez tes serviteurs, et sur tes proches, et dans tes fours et dans tes pétrins. (Exode, 8: 2-3)

Et le Seigneur dit à Moïse: "Dis à Aaron de saisir son bâton et de frapper avec la poussière du pays, afin que se répandent partout en Égypte des poux." (Exode, 8: 16)

Et les sauterelles envahirent la terre d'Égypte, et recouvrirent toutes les côtes d'Égypte: elles étaient très agressives, il n'y en avait jamais eu de semblables auparavant et il n'y en aura plus de semblables après elles. (Exode, 10: 14)

... et le cœur de Pharaon se durcit, et il ne leur prêta pas l'oreille; ainsi l'avait voulu le Seigneur. (Exode, 8: 19)

Des désastres continuèrent de s'abattre sur Pharaon et les siens. Certains de ces désastres furent d'ailleurs occasionnés par des objets qui étaient adorés par les Égyptiens; par exemple, le fleuve Nil et les grenouilles avaient été déifiés par eux et, comme ils étaient assimilés à des sources infaillibles de grands bienfaits, Allah a puni les gens par l'intermédiaire de ces pseudo-divinités, afin de secouer les consciences tétanisées et leur montrer qu'ils n'avaient aucune puissance.

Selon les exégètes de l'Ancien Testament, le "sang" désigne la transformation des eaux du fleuve Nil en cet élément, ce qui expliquerait la métaphore du Nil devenant rouge vif. D'après une autre interprétation, c'est une bactérie qui aurait donné la couleur rouge aux eaux du fleuve.

Le Nil était la principale source de vie pour les Égyptiens. Toute atteinte portée à ce fleuve pouvait donc entraîner la mort de l'Égypte entière. Mais si la bactérie avait infesté le Nil au point qu'il devienne rouge sur toute sa longueur, alors tout être vivant consommant de l'eau du fleuve aurait été infecté par la bactérie en question.

De récentes explications pour la coloration rouge de l'eau ont mis en avant les protozoaires, le zooplancton, le phytoplancton et les dinoflagellés. Toutes ces diverses floraisons ont tendance à désoxygéner l'eau et à produire des toxines nocives à la fois pour les poissons et les grenouilles.

Citant le récit de l'Exode dans la Bible, Patricia A. Tester, du Service des Pêches de la Marine Américaine, a écrit, dans un article publié dans les Annales de l'Académie des Sciences de New York, qu'un peu moins de 50 espèces de phytoplancton sur les 5000 espèces connues sont toxiques, mais que ces espèces toxiques sont dangereuses pour la vie aquatique. Dans la même publication, Ewen C. D. Todd, du Ministère Canadien de la Santé, a cité presque deux douzaines de phytoplanctons spécifiques ayant causé divers troubles à travers le monde, en se basant sur des données historiques et préhistoriques. W. W. Carmichael et I. R. Falconer ont établi une liste de maladies associées à l'algue d'eau douce bleu-verte. L'hydro-écologiste Joann M. Burkholder, de l'Université d'État de Caroline du Nord, a décrit une espèce de dinoflagellés, appelée Pfiesteria piscimorte et trouvée dans les eaux des estuaires, et qui est capable de tuer des poissons, comme son nom l'indique (piscimorte).36

À l'époque de Pharaon, il semble donc que ce genre de calamité ait bel et bien existé. Selon ce scénario, quand le Nil fut contaminé, les poissons moururent également et les Égyptiens perdirent ainsi une abondante source de nourriture. Vu l'absence de poissons prédateurs, les grenouilles purent alors se multiplier à une vitesse vertigineuse et le Nil connut alors une surpopulation relativement à cette espèce; ces grenouilles cherchèrent probablement à migrer sur la terre ferme pour échapper à l'environnement aquatique devenu anoxique et toxique, en voie de putréfaction, mais elles moururent là et se décomposèrent tout comme les poissons. Le Nil et les terres adjacentes devinrent de la sorte infects, et l'eau douce inconsommable. De plus, l'extinction des espèces de grenouilles a inévitablement entraîné la prolifération d'insectes tels que les sauterelles et les poux.

Évidemment, ce sont seulement des interprétations. Mais peu importe comment ces désastres se sont produits ou quelles conséquences ils ont entraînées, l'important c'est que ni Pharaon ni aucun de ses proches ne sont revenus dans la voie d'Allah; au contraire, leur arrogance ne fit qu'augmenter.

Pharaon et les siens étaient si hypocrites qu'ils pensaient pouvoir tromper Musa, et donc Allah, par de fausses promesses, implorant Musa de les soulager chaque fois qu'un nouveau malheur s'était abattu sur eux:

Et quand le châtiment les frappa, ils dirent: "Ô Musa, invoque pour nous ton Seigneur en vertu de Sa promesse envers toi. Si tu éloignes de nous le châtiment, nous croirons certes en toi et nous laisserons partir avec toi les Enfants d'Israël." Et quand nous eûmes éloigné d'eux le châtiment jusqu'au terme fixé qu'ils devaient atteindre, voilà qu'ils violèrent l'engagement. (Surat al-A'raf: 134-135)

L'exode hors d'Égypte

Allah a expliqué à Pharaon et aux siens, par l'intermédiaire de Musa, ce dont ils devaient avoir conscience, et ainsi furent-ils avertis. Pour toute réponse, ils se rebellèrent et l'accusèrent d'être possédé ou d'avoir des ambitions cachées. Allah prépara une fin humiliante pour eux. Il révéla à Musa ce qui devait arriver:

Et Nous révélâmes à Musa: "Pars de nuit avec Mes serviteurs, car vous serez poursuivis." Puis Pharaon envoya des hérauts dans les villes pour dire: "Ce sont, en fait, une bande peu nombreuse, mais ils nous irritent, tandis que nous sommes tous vigilants." Ainsi, Nous les fîmes donc sortir des jardins et des sources, des trésors et d'un lieu de séjour agréable. Il en fut ainsi! Et Nous les donnâmes en héritage aux Enfants d'Israël. Au lever du soleil ils les poursuivirent. Puis, quand les deux partis se virent, les compagnons de Musa dirent: "Nous allons être rattrapés." (Surat ash-Shu'ara: 52-61)

Alors que Pharaon et son armée, sûrs d'eux-mêmes, se rapprochaient des Enfants d'Israël et que ces derniers pensaient être pris au piège, Musa a toujours gardé une foi infaillible dans l'aide d'Allah:

Jamais! Car j'ai avec moi mon Seigneur qui va me guider! (Surat ash-Shu'ara: 62)

C'est à ce moment qu'Allah sauva Musa et les Enfants d'Israël en ouvrant la mer.

Pharaon et ses hommes furent noyés sous les eaux qui se refermèrent sur eux après que les Enfants d'Israël eurent traversé sans dommages:

Alors Nous révélâmes à Musa: "Frappe la mer de ton bâton." Elle se fendit alors, et chaque versant devint semblable à une énorme montagne. Nous fîmes approcher l'autre parti. Et Nous sauvâmes Musa et tous ceux qui étaient avec lui; ensuite Nous noyâmes les autres. Voilà bien là un prodige, mais la plupart d'entre eux ne croient pas. Et ton Seigneur est, en vérité, le Tout-Puissant et le Tout-Miséricordieux. (Surat ash-Shu'ara: 63-68)

Le bâton de Musa était doté de propriétés miraculeuses. Ainsi Allah l'avait-Il transformé en un serpent lors de Sa première révélation à lui, et plus tard ce même bâton s'était encore transformé en un serpent et avait avalé les sorcelleries des magiciens de Pharaon. Et maintenant, Musa divisa la mer après l'avoir frappée avec ce bâton. Ce fut là l'un des plus grands miracles accordés au Prophète Musa.

La noyade de Pharaon et de ses hommes dans la mer

Le Coran nous informe des aspects les plus importants de l'événement de la division de la Mer Rouge. Selon le récit coranique, Musa quitta l'Égypte accompagné des Enfants d'Israël qui lui ont obéi. Cependant, Pharaon ne put supporter ce départ effectué sans sa permission. Lui et ses soldats les poursuivirent, en se montrant "hargneux et méprisants" (Surat Yunus: 90).

Alors que Musa et les Enfants d'Israël avaient atteint une rive de la mer, l'armée égyptienne surgit non loin d'eux. Certains Israélites se sont révoltés de ce fait contre Musa.

Cette faiblesse de la communauté est également décrite dans le verset coranique suivant:

Puis, quand les deux partis se virent, les compagnons de Musa dirent: "Nous allons être rattrapés." (Surat ash-Shu'ara: 61)

À vrai dire, ce n'était pas la première fois que les Enfants d'Israël faisaient preuve d'un tel comportement empreint de doute et de refus d'obéissance. À titre d'exemple, ils s'étaient déjà plaints de lui par le passé, en disant:

Nous avons été persécutés avant que tu viennes à nous, et après ton arrivée… (Surat al-A'raf: 129)

Contrairement au tempérament faible de son peuple, Musa se montrait extrêmement confiant, puisqu'il avait la certitude en Allah. Dès le début de sa lutte, Allah l'avait informé qu'Il le soutiendrait et le secourrait:

Ne craignez rien. Je suis avec vous: J'entends et Je vois tout. (Surat Ta-Ha: 46)

Lorsque Musa se trouva confronté aux magiciens de Pharaon, il ressentit "quelque peur en lui-même" (Surat Ta-Ha: 67).

Sur ce, Allah lui révéla qu'il devait se montrer serein car la victoire lui reviendrait finalement

N'aie pas peur. C'est toi qui auras le dessus. (Surat Ta-Ha: 68)

C'est pourquoi il a réagi sans aucune hésitation quand ses coreligionnaires ont craint d'être subjugués. Il a dit:

Jamais! Car j'ai avec moi mon Seigneur qui va me guider! (Surat ash-Shu'ara: 62)

Allah révéla à Musa qu'il devrait frapper la mer avec son bâton

Alors Nous révélâmes à Musa: "Frappe la mer de ton bâton." Elle se fendit alors, et chaque versant fut comme une énorme montagne. (Surat ash-Shu'ara: 63)

En fait, Pharaon aurait dû comprendre que la situation avait quelque chose d'extraordinaire, ce miracle se déroulant devant ses yeux; il était clair qu'il y avait là une intervention divine. La mer s'ouvrit pour que puisse passer le peuple que Pharaon s'apprêtait à détruire. De plus, il n'y avait aucune assurance que la mer ne se refermerait pas après le passage des Enfants d'Israël. Et pourtant Pharaon et son armée continuèrent alors la poursuite, s'engouffrant entre les deux pans de mer. Il est probable qu'alors, les Égyptiens aient perdu toutes leurs capacités à penser avec raison, et ce car ils étaient aveuglés par la haine et le mépris, et ils étaient ainsi incapables de comprendre la nature miraculeuse de l'événement.

Dans le Coran, Allah décrit comme suit les derniers moments de Pharaon:

Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d'Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent, hargneux et méprisants. Puis, quand la noyade l'eut atteint, il dit: "Je crois qu'il n'y a pas d'autre divinité que Celui en qui ont cru les Enfants d'Israël. Et je suis du nombre des musulmans." (Surat Yunus: 90)

Ici nous pouvons voir un autre miracle de Musa. Rappelons-nous du verset suivant:

Et Musa dit: "Ô notre Seigneur, Tu as accordé à Pharaon et à ses notables des parures et des biens dans la vie présente, et voilà, Ô notre Seigneur, qu'avec cela ils égarent les gens loin de Ta voie. Ô notre Seigneur, anéantis leurs biens et endurcis leurs cœurs afin qu'ils ne croient pas, jusqu'à ce qu'ils aient vu le châtiment douloureux." Allah dit: "Votre prière est exaucée. Demeurez tous deux sur le chemin droit, et ne suivez point la voie de ceux qui ne savent pas." (Surat Yunus: 88-89)

Il ressort clairement du verset précédent que Musa avait été informé en réponse à son invocation que Pharaon croirait en Allah au moment où il serait confronté personnellement au châtiment douloureux. En effet, Pharaon proclama sa foi quand il fut sur le point d'être submergé par les flots.

Mais son repentir de mourant n'a pu le sauver de se noyer. Pharaon et son armée qui se sont noyés servent d'exemples pour l'humanité:

Maintenant donc? Alors qu'auparavant tu as désobéi et que tu as été du nombre des corrupteurs! Nous allons aujourd'hui épargner ton corps sans âme, afin que tu deviennes un signe pour tes successeurs. Mais, en vérité, beaucoup de gens ne prêtent aucune attention à Nos signes. (Surat Yunus: 91-92)

Nous sommes aussi informés que les hommes de Pharaon ont également reçu leur part du châtiment; puisqu'ils étaient "hargneux et méprisants" (Surat Yunus: 90), "des hommes enfoncés dans le péché" (Surat al-Qasas: 8), "des injustes" (Surat al-Qasas: 40), et que "ils pensèrent qu'ils ne seraient pas ramenés vers Allah" (Surat al-Qasas: 39), ils méritaient d'être châtiés par Allah. Ainsi Allah a-t-il saisi Pharaon et les siens pour les jeter dans la mer:

Alors Nous Nous sommes vengé d'eux; Nous les avons noyés dans les flots, parce qu'ils traitaient de mensonges Nos signes et n'y prêtaient aucune attention. (Surat al-A'raf: 136)

Allah décrit ensuite ce qu'il est advenu après la mort de Pharaon:

Et Nous avons fait hériter les gens qui étaient opprimés des contrées orientales et occidentales de la terre, contrées que Nous avons bénies. Et la très belle promesse de ton Seigneur sur les Enfants d'Israël s'accomplit en récompense de leur endurance... (Surat al-A'raf: 137)

LE PEUPLE DE SABA ET L'INONDATION D'ARIM

Il y avait assurément, pour la tribu de Saba, un signe dans leurs demeures: deux jardins, l'un à droite et l'autre à gauche. "Mangez de ce que votre Seigneur vous a attribué, et soyez reconnaissants envers Lui: une contrée agréable et un Seigneur pardonneur." Mais ils se détournèrent. Nous déchaînâmes alors contre eux Sailal-Arim (l'inondation du Barrage), et Nous leur changeâmes leurs deux jardins en deux bosquets aux fruits amers, des tamaris et des jujubiers rabougris.

(Surat Saba:15-16)

La communauté de Saba à laquelle se réfère le verset ci-dessus, faisait partie des quatre plus grandes civilisations qui vivaient en Arabie du Sud. On estime que ce peuple s'est établi là dans la période comprise entre 1000 et 750 avant Jésus-Christ, pour disparaître définitivement vers l'an 550 de l'ère chrétienne suite à deux siècles de conflits avec les Arabes et les Perses.

L'époque exacte de l'établissement de la civilisation de Saba est sujette à de nombreuses discussions, le peuple de Saba ayant commencé à tenir des registres gouvernementaux écrits vers l'an 600 avant Jésus-Christ. C'est pourquoi nous ne disposons pas de documents écrits émanant d'eux antérieurs à cette date.

Les plus anciennes sources faisant référence au peuple de Saba sont des chroniques militaires annuelles rédigées au temps du Roi assyrien Sargon II (722-705 avant Jésus-Christ); alors que Sargon enregistrait la liste des gens redevables de l'impôt envers lui, il a inscrit le roi de Saba, Yith'i-amara (It'amara). C'est là la plus vieille trace écrite de l'existence du Royaume de Saba.

Pourtant, il serait faux de conclure d'après ce seul document que la culture de Saba n'a vu le jour que vers 700 avant Jésus-Christ, car il est plus que probable que Saba existait depuis longtemps déjà. D'ailleurs, dans les inscriptions d'Arad-Nannar, l'un des plus anciens rois de l'État d'Ur, le mot "Sabum", dont on pense qu'il désigne "le pays de Saba", a été utilisé.37 Si ce terme désigne effectivement Saba, alors c'est là une preuve que l'histoire de Saba remonte jusque vers l'an 2500 avant Jésus-Christ.

Les sources historiques mentionnant le peuple de Saba disent habituellement qu'ils étaient les vecteurs d'une véritable civilisation, à l'instar des Phéniciens, et qu'ils pratiquaient beaucoup le commerce. En conséquence, ils contrôlaient et administraient certaines pistes caravanières qui traversaient l'Arabie du Nord. Pour que les commerçants Sabéens puissent acheminer leurs marchandises vers la Méditerranée et Gaza, ils devaient traverser l'Arabie du Nord, et il leur fallait pour cela obtenir l'autorisation du roi Sargon II, qui gouvernait la région, ou bien s'acquitter d'un impôt envers lui. Et lorsque les Sabéens commencèrent à verser de l'argent au Royaume Assyrien, leur nom se trouva naturellement mentionné dans les annales de cet État.

Les Sabéens sont connus pour avoir atteint un certain degré de civilisation, comme en témoignent les termes "restaurer", "consacrer" et "construire", que les dirigeants de Saba ont fréquemment employés. Le Barrage de Ma'rib, qui est l'un des plus importants monuments de ce peuple, démontre clairement le niveau technologique qu'ils possédaient.

L'État Sabéen se permit même d'adopter une politique expansionniste, grâce à son armée qui était l'une des plus puissantes dans la région. Ainsi les Sabéens ont-ils conquis les terres du vieil État Qatabéen, et ils géraient de nombreux territoires en Afrique. En l'an 24 avant Jésus-Christ, lors d'une expédition menée vers l'Afrique du Nord, l'armée sabéenne infligea une sévère défaite à l'armée de Marcus Aelius Gallus, qui gouvernait l'Égypte au nom de l'Empire Romain, confirmant ainsi sa suprématie dans cette partie du monde à cette époque. Il semble que l'État Sabéen poursuivait une politique généralement modérée, n'hésitant cependant pas à faire usage de la force s'il jugeait cela nécessaire. Doté d'une culture et d'une armée dominantes, l'État Sabéen pouvait être qualifié de "superpuissance" régionale à cette époque-là.

La grande force de l'État Sabéen est également décrite dans le Coran. Une déclaration des commandants de l'armée sabéenne, mentionnée dans le noble Livre, prouve que ceux-ci avaient une grande confiance en eux-mêmes; ils avaient en effet déclaré:

Nous sommes détenteurs d'une force et d'une puissance redoutable. Le commandement cependant t'appartient. Regarde donc ce que tu veux ordonner. (Surat an-Naml: 33)

La capitale de l'État Sabéen était Ma'rib, qui jouissait d'une grande opulence grâce à son emplacement géographique. Cette cité était située aux abords du fleuve Adhanah. Et l'endroit où le fleuve atteignait le Mont Balaq était très propice à la construction d'un barrage. Utilisant cette topographie favorable, les Sabéens élevèrent très tôt un ouvrage de ce type, et ils commencèrent à pratiquer l'irrigation. Ils atteignirent après cela un degré véritablement élevé de prospérité. Et Ma'rib fut l'une des cités les plus modernes de l'époque. Les voyageurs grecs visitant la région parlèrent en termes admiratifs de cette prospérité et témoignèrent du caractère verdoyant de cette partie de l'Arabie.38

La hauteur du Barrage de Ma'rib était de 16 mètres, sa largeur était de 60 mètres et il était long de 620 mètres. Selon les estimations, il permettait d'irriguer une zone de 9.600 hectares, dont 5.300 situés sur la plaine du sud et le restant appartenant à la plaine du nord. Ces deux plaines étaient d'ailleurs mentionnées dans l'expression "Ma'rib et les deux plaines" dans les inscriptions sabéennes.39 L'expression du Coran, "les deux jardins, l'un à droite et l'autre à gauche" (Surat Sabah: 15) désigne probablement les jardins imposants et les vignobles de ces deux vallées. Grâce à ce barrage et à son irrigation induite, la région acquit la réputation d'être la plus florissante et la mieux irriguée du Yémen. Le Français J. Holevy et l'Autrichien Glaser ont prouvé d'après des documents écrits que le Barrage de Ma'rib existait depuis une époque fort reculée. En effet, des inscriptions rédigées dans le dialecte Himer établissent que ce barrage a rendu la région environnante très productive.

Ce barrage a bénéficié d'importantes réparations aux 5ème et 6ème siècles de l'ère chrétienne. Pourtant, cette restauration ne put empêcher l'effondrement de l'ouvrage en l'an 542. Cette catastrophe s'est traduite par "l'inondation du Barrage" mentionnée dans le Coran, source de dégâts profonds: des centaines d'années de labeur des Sabéens disparurent soudain avec la destruction de vignobles et terres cultivées et jardins. Il est un fait avéré que le peuple sabéen est entré dans une phase de récession suite à cet événement, et ce déclin amena la disparition de l'État Sabéen.

L'inondation d'Arim qui frappa l'État de Saba

Lorsque nous examinons le Coran à la lumière des données historiques évoquées précédemment, nous constatons qu'il existe un réel accord. Les découvertes archéologiques et les données historiques indiquent ce qui est écrit dans le Coran. Les versets rappellent que le peuple de Saba a été détruit pour n'avoir pas écouté les exhortations de leur prophète et pour avoir rejeté la foi, faisant ainsi preuve d'ingratitude, et ce par le biais d'une terrible inondation. Cette inondation est ainsi décrite dans le Coran:

Il y avait assurément, pour la tribu de Saba, un signe dans leurs demeures: deux jardins, l'un à droite et l'autre à gauche. "Mangez de ce que votre Seigneur vous a attribué, et soyez reconnaissants envers Lui: une contrée agréable et un Seigneur pardonneur." Mais ils se détournèrent. Nous déchaînâmes alors contre eux Sailal-Arim (l'inondation du Barrage), Et Nous leur changeâmes leurs deux jardins en deux bosquets aux fruits amers, des tamaris et des jujubiers rabougris. Ainsi les rétribuâmes-Nous pour leur mécréance. Saurions-Nous sanctionner un autre que le mécréant? (Surat Sabah: 15-17)

Comme il ressort de ces versets, les Sabéens vivaient dans une région réputée pour sa douceur, ses vignobles et ses jardins. Traversé par des pistes caravanières, le pays de Saba jouissait d'un niveau de vie enviable et était parmi les plus prospères de son époque.

Dans une telle contrée, ce qui était attendu de ses habitants était de "manger de ce que notre Seigneur a attribué, et être reconnaissants envers Lui", comme le précise le verset.

Pourtant ils n'ont pas agi de la sorte. Ils pensèrent être à l'origine de leur prospérité, considérant que tout cela était venu grâce à leurs seuls efforts. Ils choisirent l'arrogance plutôt que la reconnaissance et, comme le Coran le déclare, "ils se détournèrent [d'Allah]"…

Et parce qu'ils attribuaient à eux-mêmes tout ce qu'ils possédaient, ils perdirent tout. L'inondation du Barrage fit tout disparaître.

Mawdudi a écrit dans son commentaire du Coran à propos de l'appellation "Sailal-Arim", qui est employée dans le noble Livre pour désigner ce désastre:

Le vocable "arim", qui apparaît dans l'expression "Sailal-Arim", est une forme dérivée du vocable "arimen", utilisé dans le dialecte de l'Arabie du Sud, et qui signifie "barrage, barrière". Dans les ruines exhumées lors des fouilles menées au Yémen, ce mot est apparu utilisé dans ce sens dans de nombreuses inscriptions; par exemple, dans celles qui furent réalisées après la restauration du grand mur de Ma'rib en 542 et 543, sous l'ordre du roi éthiopien Ebrehe (Abraha), qui gouvernait aussi le Yémen, le mot "arim" est employé à plusieurs reprises pour désigner le barrage. C'est pourquoi l'expression "Sailal-Arim" veut dire "une inondation désastreuse qui se produit après la rupture d'un barrage". Le verset: "Nous leur changeâmes leurs deux jardins en deux bosquets aux fruits amers, des tamaris et des jujubiers rabougris" (Surat Saba:16), décrit l'état du pays après la catastrophe. Après l'effondrement du mur, les canaux d'irrigation creusés par les Sabéens se trouvèrent également détruits. Par voie de conséquence, la région qui était, auparavant, semblable à un vaste jardin, se trouva transformée en une jungle. Et il n'y eut dès lors plus de fruits autres que ceux, semblables à des cerises, portés par de petits arbustes.40

L'archéologue chrétien Werner Keller, auteur de l'ouvrage Und Die Bible Hat Doch Recht (Le Livre saint avait raison), reconnut que l'inondation d'Arim s'était produite selon la description du Coran, et il écrivit que l'existence d'un tel barrage et la destruction du pays entier suite à son effondrement prouvent que l'épisode coranique relatif aux gens du jardin a bel et bien eu lieu.41

Après la catastrophe, la région devint peu à peu un désert, et les Sabéens perdirent la source essentielle de leurs revenus avec la disparition de leurs terres agricoles. Cette situation était une sanction pour l'ingratitude des gens et leur refus de croire en Lui. La société sabéenne commença à se désintégrer et les habitants de cette région abandonnèrent leurs demeures pour émigrer vers l'Arabie du Nord, La Mecque et la Syrie.42

La cité de Ma'rib, autrefois prospère et aujourd'hui à l'état de ruines, constitue sans nul doute un avertissement pour tous ceux qui répéteront les mêmes erreurs que les Sabéens. Les Sabéens n'ont pas été les seuls à être frappés par une inondation en guise de châtiment. Dans le Coran, la sourate al-Kahf rapporte l'histoire de deux hommes, propriétaires chacun d'un jardin. L'un d'eux possédait un jardin vraiment imposant et productif, semblable à ceux que détenaient les Sabéens. Pourtant, il commit la même faute qu'eux: il se détourna d'Allah. Il pensa pouvoir s'attribuer la paternité des bienfaits dont il jouissait, c'est-à-dire qu'il considéra être la cause de son propre bien-être:

... [il] dit alors à son compagnon, avec qui il discutait: "Je possède plus de bien que toi, et je suis plus puissant que toi grâce à mon clan." Il entra dans son jardin, coupable d'injustice envers lui-même [de par sa mécréance]; il dit: "Je ne pense pas que ceci puisse jamais périr, et je ne pense pas que l'Heure viendra. Et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai certes un meilleur lieu de retour que ce jardin." Et sa récolte fut détruite, et il se mit alors à se tordre les deux mains à cause de ce qu'il y avait dépensé, cependant que ses treilles étaient complètement ravagées. Et il disait: "Malheur à moi! Que je souhaiterais n'avoir associé personne à mon Seigneur!" Il n'y eut aucun groupe de gens pour le secourir contre la punition d'Allah. Et il ne put se secourir lui-même. (Surat al-Kahf: 34-36, 42-43)

Comme il ressort de ces versets, l'erreur commise par le propriétaire du jardin prospère n'a pas été de nier l'existence d'Allah. Il reconnaît bien Allah puisqu'il a même supposé que s'il était ramené vers son Seigneur, il trouverait auprès de Lui quelque chose d'encore meilleur. Mais il a transgressé en affirmant que le bien dont il jouissait était en fait uniquement dû à ses efforts.

Et c'est là l'un des aspects d'association avec Allah: tenter de s'attribuer ce qui appartient à Allah exclusivement, et oublier de Le craindre.

C'est ce qu'ont fait les Sabéens. Et leur châtiment fut identique, à savoir que tout leur territoire fut détruit, afin qu'ils sachent qu'ils n'étaient pas les véritables détenteurs du pouvoir, mais que seule une partie de la puissance leur avait été "accordée".

LE PROPHÈTE SULAYMAN ET LA REINE DE SABA

On lui dit: "Entre dans le palais." Puis, quand elle le vit, elle le prit pour de l'eau profonde et elle se découvrit les jambes. Alors il [Sulayman] dit: "Ceci est un palais pavé de cristal." Elle dit: "Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même: je me soumets avec Sulayman à Allah, Seigneur des mondes. (Surat an-Naml: 44)

Les données historiques relatives à la rencontre de Sulayman et de la Reine de Saba indiquées dans le Coran furent mises en lumière lors de fouilles entreprises dans l'ancien pays de Saba, au sud du Yémen. Les ruines exhumées ont révélé qu'une "reine" a vécu dans cette région entre l'an 1000 et l'an 950 avant Jésus-Christ, et qu'elle a voyagé vers le nord jusqu'à Jérusalem.

L'information concernant les contacts entre les deux souverains, ainsi que la puissance économique et politique de chaque état, sont explicités dans la sourate an-Naml. Ce récit expliqué dans la sourate évoque tout d'abord la Reine de Saba par le biais des nouvelles qu'une huppe, qui accompagnait l'armée de Sulayman, avait communiquées à ce dernier:

Mais elle n'était restée absente que peu de temps et dit: "J'ai appris ce que tu n'as point appris; et je te rapporte de Saba une nouvelle sûre: j'ai trouvé qu'une femme est leur reine, que de toute chose elle a été comblée et qu'elle a un trône magnifique. Je l'ai trouvée elle et son peuple se prosternant devant le Soleil au lieu d'Allah. Satan leur a embelli leurs actions, et il les a détournés du droit chemin, et ils ne sont pas bien guidés. Que ne se prosternent-ils pas devant Allah, qui fait sortir ce qui est caché dans les cieux et en terre, et qui sait ce que vous cachez et aussi ce que vous divulguez? Allah! Il n'y a pas de divinité digne d'adoration à part Lui, le Seigneur du Trône Immense." Alors Sulayman dit: "Nous allons bientôt voir si tu as dit la vérité ou si tu as menti!" (Surat an-Naml: 22-27)

À la réception de ces informations fournies par la huppe, Sulayman transmit à celle-ci le commandement suivant:

Pars avec ma lettre que voici; puis jette-la leur, ensuite tiens-toi en retrait pour voir ce que sera leur réponse. (Surat an-Naml: 28)

Après cela, le Coran rapporte les événements qui se produisirent après que la Reine de Saba eut reçu la lettre de Sulayman:

La reine dit: "Ô notables! Une noble lettre m'a été lancée. Elle vient de Sulayman; et il est écrit: 'Au nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, ne soyez pas hautains avec moi et venez à moi en tout soumission.' Elle dit: 'Ô notables! Conseillez-moi sur cette affaire, je ne déciderai de rien sans que vous ne soyez présents.' Ils dirent: "Nous sommes détenteurs d'une force et d'une puissance redoutable. Le commandement cependant t'appartient. Ordonne donc ce que tu veux." Elle dit: "En vérité, quand les rois entrent dans une cité ils la corrompent, et font de ses honorables citoyens des humiliés. Et c'est ainsi qu'ils agissent. Moi, je vais leur envoyer un présent, puis je verrai ce que les envoyés ramèneront." Puis, lorsque la délégation arriva auprès de Sulayman, celui-ci dit: "Est-ce avec des biens que vous voulez m'aider, alors que ce qu'Allah m'a procuré est meilleur que ce qu'Il vous a procuré? Mais c'est plutôt vous qui vous réjouissez de votre cadeau. Retournez vers eux. Nous viendrons avec des armées contre lesquelles ils seront impuissants. Et nous les en expulserons tout humiliés et méprisés." Il dit: "Ô notables! Qui de vous m'apportera son trône avant qu'ils ne viennent à moi soumis?" Un jinn puissant dit: "Je te l'apporterai avant que tu ne te lèves de ta place; pour cela, je suis fort et digne de confiance." Quelqu'un qui avait une connaissance du Livre dit: "Je te l'apporterai avant que tu n'aies cligné de l'œil." Quand, ensuite, Sulayman vit le trône installé auprès de lui, il dit: "Ceci provient de la grâce de mon Seigneur, afin de m'éprouver pour voir si je suis reconnaissant ou bien si je suis ingrat. Et quiconque est reconnaissant, c'est dans son propre intérêt qu'il le fait, et quiconque est ingrat, alors vraiment mon Seigneur Se suffit à lui-même et Il est Généreux." Et il dit encore: "Déguisez-lui son trône afin de le rendre méconnaissable, nous verrons alors si elle sera guidée ou bien si elle est du nombre de ceux qui ne sont pas guidés." Quand elle fut arrivée, on lui dit: "Est-ce que ton trône est ainsi?" Elle dit: "C'est comme si c'était lui. Le savoir nous a été donné auparavant, et nous étions déjà soumis à Allah." Et il la détourna de l'adoration d'autres qu'Allah, et elle était issue d'un peuple de mécréants. On lui dit: "Entre dans le palais." Puis, quand elle le vit, elle le prit pour de l'eau profonde et elle se découvrit les jambes. Alors il [Sulayman] dit: "Ceci est un palais pavé de cristal." Elle dit: "Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même: je me soumets avec Sulayman à Allah, Seigneur des Mondes." (Surat an-Naml: 29-44)

Le palais de Sulayman

Dans les versets faisant référence à la Reine de Saba, le Prophète Sulayman est également mentionné. Il est écrit qu'il possédait un palais et un royaume fabuleux, et de nombreux autres détails sont aussi fournis.

Ainsi, nous apprenons que Sulayman avait à sa disposition la technologie la plus avancée de son époque. Dans son palais se trouvaient des œuvres d'art étonnantes et d'autres objets de valeur, qui impressionnaient tous ceux qui les voyaient. Le sol de l'entrée du palais était fait de cristal. Dans le Coran, Allah décrit ce palais et l'effet qu'il produisit sur la Reine de Saba:

On lui dit: "Entre dans le palais." Puis, quand elle le vit, elle le prit pour de l'eau profonde et elle se découvrit les jambes. Alors il [Sulayman] dit: "Ceci est un palais pavé de cristal." Elle dit: "Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même: je me soumets avec Sulayman à Allah, Seigneur des Mondes." (Surat an-Naml: 44)

La raison de la destruction de ce temple ainsi que d'autres bâtiments à Jérusalem réside dans l'attitude arrogante et maligne des générations de Juifs qui vécurent après Sulayman. Nous lisons dans le Coran à ce propos:

Nous avions clairement averti les Enfants d'Israël dans le Livre: "Par deux fois vous sèmerez la corruption sur terre et vous transgresserez d'une façon excessive, et par deux fois vous serez punis!" Lorsque vint l'accomplissement de la première de ces deux sentences, Nous envoyâmes contre vous certains de Nos serviteurs doués d'une force terrible, qui pénétrèrent à l'intérieur des demeures. Et l'avertissement se trouva concrétisé. Ensuite Nous vous donnâmes la revanche sur eux; et Nous vous renforçâmes en biens et en enfants. Et Nous fîmes de vous un peuple plus nombreux. Si vous fîtes le bien, vous le fîtes pour vous-mêmes; et si vous fîtes le mal, vous le fîtes contre vous-mêmes. Puis, quand vint le moment pour la seconde sentence de s'accomplir, vos ennemis défigurèrent vos visages et entrèrent dans le Temple comme cela s'était déjà produit la première fois, et ils détruisirent tout ce qui tomba en leur pouvoir. (Surat al-Isra: 4-7)

Tous les peuples mentionnés dans les chapitres précédents méritèrent le châtiment divin à cause de leur rébellion et de leur ingratitude à l'égard des bienfaits d'Allah. Ayant erré d'un endroit à un autre pendant des siècles, sans posséder un quelconque état, et ayant finalement trouvé une patrie d'adoption dans les terres saintes au temps de Sulayman, les Juifs furent de nouveau châtiés à cause de leur transgression des lois divines. Les Juifs contemporains, qui se sont établis dans la même région dans un passé récent, sèment de nouveau la corruption et se montrent excessivement transgresseurs.

LES COMPAGNONS DE LA GROTTE

Rappelle quand les jeunes se furent réfugiés dans la Grotte, ils dirent: "Ô notre Seigneur, donne-nous de Ta part une miséricorde; et assure-nous la droiture dans tout ce qui nous concerne."

(Surat al-Kahf: 10)

La 18ème sourate du Coran, dénommée al-Kahf, ce qui signifie "la grotte", évoque un groupe de jeunes gens qui avaient trouvé refuge dans un tel abri pour fuir l'oppression et l'injustice d'un gouverneur qui sévissait contre les croyants. Les versets concernant cette question sont les suivants:

Penses-tu que les gens de la Grotte et de l'Inscription portant leurs noms ont constitué une chose extraordinaire d'entre Nos prodiges? Rappelle quand les jeunes se furent réfugiés dans la Grotte, ils dirent: "Ô notre Seigneur, donne-nous de Ta part une miséricorde; et assure-nous la droiture dans tout ce qui nous concerne." Alors Nous avons assourdi leurs oreilles en les plongeant dans un sommeil profond dans la Grotte, pendant de nombreuses années. Ensuite Nous les avons réveillés afin de savoir lequel des deux groupes qui discutaient à leur sujet saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour. Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur; et Nous leur avons accordé les plus grands moyens de se diriger dans la bonne voie. Nous avons fortifié leurs cœurs lorsqu'ils s'étaient levés pour dire: "Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre; jamais nous n'invoquerons de divinité en dehors de Lui, sans quoi nous transgresserions dans nos paroles. Voilà que nos concitoyens ont adopté en dehors de Lui des divinités. Que n'apportent-ils sur elles une preuve évidente? Quel pire injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah?" "Quand vous vous serez séparés d'eux et de ce qu'ils adorent en dehors d'Allah, réfugiez-vous donc dans la Grotte; votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et accordera un sort plus enviable." Si tu avais vu le soleil, quand il se lève, s'écarter de leur Grotte vers la droite, et quand il se couche, passer à leur gauche, tandis qu'eux-mêmes étaient là, dans une partie spacieuse de la Grotte. Ceci est une des preuves d'Allah. Celui qu'Allah guide, c'est lui le bien-guidé. Et quiconque est égaré par Allah, pour lui tu ne trouveras pas de protecteur pour le mettre sur la bonne voie. Et tu les aurais crus éveillés, alors qu'ils dormaient. Et Nous les tournions sur le côté droit et sur le côté gauche, tandis que leur chien était à l'entrée, pattes étendues. Si tu les avais aperçus, certes tu leur aurais tourné le dos en fuyant; et tu aurais été assurément rempli d'effroi devant eux. Et c'est ainsi que Nous les réveillâmes de leur long sommeil, afin qu'ils s'interrogent entre eux. L'un parmi eux dit: "Combien de temps êtes-vous demeurés là?" Ils dirent: "Nous avons demeuré un jour ou une partie d'un jour." D'autres dirent: "Votre Seigneur sait mieux combien de temps vous y avez demeuré. Envoyez donc l'un de vous à la ville avec votre argent que voici, pour qu'il voit quel aliment est le plus pur et qu'il vous apporte de quoi vous nourrir. Qu'il agisse avec tact; et qu'il ne donne l'éveil à personne sur vous. Si jamais ils vous attrapent, ils vous lapideront ou vous feront retourner à leur religion, et vous ne réussirez alors plus jamais." Et c'est ainsi que Nous avons rendu public leur existence, afin que les gens sachent que la promesse d'Allah est véridique et pour qu'il n'y ait point de doute au sujet de l'Heure. Rappelle quand ils discutèrent à leur sujet et déclarèrent: "Construisez sur eux un édifice. Leur Seigneur les connaît mieux." Mais ceux dont l'opinion prévalut dirent: "Élevons sur eux un sanctuaire." Ils diront: "Ils sont trois et leur quatrième était leur chien." Et ils diront, en conjecturant sur leur mystère, qu'ils étaient cinq, le sixième étant leur chien, et ils diront: "Sept, le huitième étant leur chien." Dis: "Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n'en est que peu qui le savent." Ne discute à leur sujet que d'une façon apparente et ne consulte personne en ce qui les concerne. Et ne dis jamais, à propos d'une chose: "Je la ferai sûrement demain", sans ajouter: "Si Allah le veut"; et évoque ton Seigneur quand tu oublies et dis: "Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct." Or, ils demeurèrent dans leur caverne trois cents années et certains en ajoutèrent neuf dans leur calcul. Dis: "Allah sait mieux combien de temps ils demeurèrent là." À Lui appartient l'inconnaissable des cieux et de la terre. Comment Il voit et entend clairement toutes choses! Ils n'ont aucun allié en dehors de Lui, et Il n'associe personne à Son commandement. (Surat al-Kahf: 9-26)

Selon l'opinion la plus répandue, les Compagnons de la Grotte, qui sont évoqués et cités en exemples à la fois par les sources islamiques et les sources chrétiennes, étaient sujets à la tyrannie cruelle d'un empereur romain que l'on croit être Decius. Bravant la répression, ces jeunes gens exhortèrent à plusieurs reprises leur peuple pour qu'ils n'abandonnent pas la religion d'Allah. Mais l'indifférence de leurs concitoyens à leur égard, l'oppression croissante de l'empereur et les menaces de mort contre eux les amenèrent à décider de quitter leurs foyers.

Il est un fait historique avéré que, à cette époque, les empereurs romains successifs menaient une politique de terreur et d'injustice à l'encontre des Chrétiens qui voulaient pratiquer le Christianisme sous sa forme pure et originelle.

Dans une lettre adressée par le gouverneur romain Pilinius (69-113 de l'ère chrétienne), qui administrait le nord-ouest de l'Anatolie, à l'Empereur Trajan, il est question des "compagnons du Messie [les Chrétiens] qui étaient réprimés pour avoir refusé d'adorer la statue de l'empereur". Cette lettre est l'un des documents importants qui attestent de l'oppression ayant frappé les Chrétiens à cette époque. Dans de telles circonstances les jeunes gens en question, à qui on demandait de se soumettre à un système non-religieux et d'adorer un empereur comme une divinité autre qu'Allah, refusèrent d'agir ainsi et dirent:

… Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre; jamais nous n'invoquerons de divinité en dehors de Lui, sans quoi nous transgresserions dans nos paroles. Voilà que nos concitoyens ont adopté en dehors de Lui des divinités. Que n'apportent-ils sur elles une preuve évidente? Quel pire injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah? (Surat al-Kahf: 14-15)

Quant à l'emplacement de la région où vécurent les Compagnons de la Grotte, il y a divergence d'opinion. Les deux possibilités les plus vraisemblables sont Éphèse et Tarsus.

Presque toutes les sources chrétiennes désignent Éphèse comme étant le lieu où se trouve la Grotte-refuge. Certains chercheurs musulmans et commentateurs du Coran sont d'accord avec cette exégèse. D'autres ont expliqué qu'Éphèse n'est pas l'emplacement exact, et ont essayé de prouver que l'événement s'est produit à Tarsus. Dans l'étude qui suit, les deux hypothèses seront examinées. Cependant, tous les chercheurs et commentateurs, y compris les Chrétiens, ont dit que les faits se sont produits au temps de l'empereur romain Decius (connu également sous le nom Decianus), vers l'an 250 de l'ère chrétienne.

Decius, ainsi que Néron, sont de façon notoire les empereurs romains ayant le plus sévèrement torturé les Chrétiens. Durant le court règne de Decius, une loi fut édictée obligeant toute personne à offrir un sacrifice aux dieux romains; un certificat attestant le bon accomplissement de cet acte était alors délivré à la personne, certificat qui devait être présenté aux officiels de l'État. Les récalcitrants étaient exécutés. Dans les sources chrétiennes, il es précisé que nombreux furent les Chrétiens qui refusèrent de se plier à cette pratique idolâtre, et qui étaient ainsi contraints de fuir d'une ville à l'autre, ou bien de se cacher dans des refuges secrets. Les Compagnons de la Grotte font certainement partie de ces premiers Chrétiens.

Il y a à ce point de l'exposé une précision importante à apporter: cet événement, narré à la fois par les Musulmans et les Chrétiens, s'est trouvé transformé en une légende suite à l'ajout de nombreux détails sans fondement et de ouï-dire. Pourtant, cet épisode est bel et bien une réalité historique.

L'épisode de la Grotte s'est-il passé à Éphèse?

En ce qui concerne la cité dans laquelle ont vécu ces jeunes gens et la grotte dans laquelle ils ont trouvé refuge, divers emplacements possibles ont été proposés. Les raisons essentielles pour cela sont les suivantes: le désir des gens de croire que des jeunes aussi courageux et au grand cœur ont vécu autrefois dans leur propre cité, et la grande ressemblance entre les grottes dans ces régions. Par exemple, dans presque tous ces endroits, il y a un lieu de culte bâti au-dessus d'une excavation.

C'est un fait bien connu qu'Éphèse est considéré comme un lieu saint par les Chrétiens, parce que dans cette ville se trouve une maison dans laquelle, selon la tradition chrétienne, mourut la Vierge Marie et qui fut, plus tard, transformée en une église. Ainsi, il est probable que les Compagnons de la Grotte aient résidé dans l'un de ces endroits sanctifiés par les hommes. De plus, certaines sources Chrétiennes affirment qu'Éphèse est bien le lieu en question.

La plus ancienne source sur le sujet est constituée par des informations fournies par le prêtre syrien Jacques de Saruc (qui vécut au 5ème siècle de l'ère chrétienne). Le célèbre historien anglais Gibbon a cité ce prêtre à plusieurs reprises dans son livre Le déclin et la chute de l'Empire Romain. D'après cet ouvrage, Decius est bien nom de l'empereur qui a persécuté les sept jeunes croyants Chrétiens, les obligeant à se cacher dans une grotte. Decius a régné sur l'Empire Romain entre 249 et 251 de l'ère chrétienne, et son règne a été caractérisé par les mauvais traitements qu'il a infligés aux vrais disciples de 'Isa (Jésus). Selon certains commentateurs musulmans, la région où s'est produit l'événement en question était appelée "Aphesus" ou bien "Aphesos". D'après Gibbon, le nom de ce lieu est Éphèse. Située sur la côte occidentale de l'Anatolie, cette cité constituait l'une des plus grandes cités portuaires de l'Empire Romain. Les ruines de cette cité sont connues de nos jours sous le nom de "l'antique cité d'Éphèse".

Le nom de l'empereur qui régnait lorsque les Compagnons de la Grotte ont été tirés de leur long sommeil serait, selon les chercheurs musulmans, Tezusius, alors que d'après Gibbon il s'agirait de Théodose II. Ce dernier empereur a régné entre 408 et 450 de l'ère chrétienne, après que l'Empire Romain fut converti au Christianisme.

En utilisant les indications fournies par le verset cité ci-dessous, il est dit dans certains commentaires que l'entrée de la grotte donnait vers le nord et que, par conséquent, le soleil ne pouvait pas y pénétrer. Donc quelqu'un passant près de la grotte ne pouvait pas apercevoir ce qu'il y avait à l'intérieur. Le verset en question est le suivant:

Si tu avais vu le soleil, quand il se lève, s'écarter de leur Grotte vers la droite, et quand il se couche, passer à leur gauche, tandis qu'eux-mêmes étaient là, dans une partie spacieuse de la Grotte. Ceci est une des preuves d'Allah. Celui qu'Allah guide, c'est lui le bien-guidé. Et quiconque est égaré par Allah, pour lui tu ne trouveras pas de protecteur pour le mettre sur la bonne voie. (Surat al-Kahf: 17)

Le Docteur Musa Baran, archéologue, désigne Éphèse dans son ouvrage dénommé Éphèse, comme étant le lieu où vécut le groupe de jeunes croyants, et il ajoute:

En l'an 250 de l'ère chrétienne, sept jeunes gens résidant à Éphèse embrassèrent le Christianisme et rejetèrent l'idolâtrie. Essayant de trouver un moyen de vivre leur foi, ils se réfugièrent dans une grotte située sur le flanc oriental du Mont Pion. Les soldats romains s'en aperçurent et élevèrent un mur à l'entrée de la grotte.43

De nos jours, il est admis que sur ces vieilles ruines et tombes, beaucoup d'édifices religieux ont été édifiés. Des fouilles entreprises par l'Institut Autrichien d'Archéologie, en 1926, ont révélé que les ruines exhumées sur le flanc oriental du Mont Pion appartenaient à une construction élevée au nom des Compagnons de la Grotte, durant le règne de Théodose II.44

L'épisode de la Grotte s'est-il passé à Tarsus?

Le second lieu possible pour l'épisode des Compagnons de la Grotte est Tarsus. Là en effet se trouve une grotte qui ressemble beaucoup à celle décrite dans le Coran, et qui est située sur un massif montagneux connu sous le nom d'Encilus ou bien de Bencilus, au nord-ouest de Tarsus.

De nombreux savants musulmans soutiennent ce point de vue. L'un des principaux exégètes coraniques, at-Tabari, a écrit dans son ouvrage Tarikh al-Umam que la montagne renfermant la Grotte se nomme "Bencilus" et est située près de Tarsus.45

Un autre célèbre commentateur du Coran, Muhammed Emin, a affirmé que le nom de la montagne était "Pencilus", et qu'elle était près de Tarsus. "Pencilus" peut d'ailleurs être parfois prononcé "Encilus". Selon lui, la différence entre les mots trouve son explication dans les prononciations différentes de la lettre "B", ou bien dans l'élision d'une lettre dans le mot original, ce qui est appelé une "abrasion historique d'un mot".46

Fakhruddin ar-Razi, exégète du Coran également bien connu, a expliqué dans son œuvre que "même si ce lieu est appelé Éphèse, l'intention originelle est ici de dire Tarsus, parce que Éphèse est simplement un autre nom de Tarsus".47

De plus, dans les commentaires de Qadi al-Baidawi et de an-Nasafi, dans les commentaires de al-Jalalayn et de at-Tibyan, dans les commentaires de Elmali et de O. Nasuhi Bilmen, et pour beaucoup d'autres savants, le lieu en question est "Tarsus".48 Et tous ces exégètes appuient leur interprétation en faisant remarquer que l'ouverture de la Grotte donne sur le nord, ce qui est en accord avec le verset:

Si tu avais vu le soleil, quand il se lève, s'écarter de leur Grotte vers la droite, et quand il se couche, passer à leur gauche… (Surat al-Kahf: 17)

Le lieu de retraite des Compagnons de la Grotte fut aussi un centre d'intérêt au temps de l'Empire Ottoman, et quelques recherches ont alors été entreprises à ce sujet. De la correspondance et un échange d'informations sur cette question figurent dans les archives ottomanes du Premier Ministre. Par exemple, une lettre envoyée par l'administration locale de Tarsus au Ministre des Finances de l'État Ottoman exprime une requête officielle pour obtenir qu'un salaire soit versé à ceux qui nettoyaient et entretenaient la grotte dénommée Ashab-i Kahf (Les Compagnons de la Grotte). La réponse du ministère avait été de demander des preuves d'authenticité de l'attribution de cette grotte aux Compagnons, pour qu'un salaire puisse être versé aux travailleurs. Et la recherche alors entreprise a beaucoup aidé à la détermination du véritable emplacement de la Grotte.

Dans un rapport préparé suite à une enquête menée par le Conseil National, il est écrit: "Au nord de Tarsus, dans la province d'Adana, il y a une grotte à flanc de montagne, à environ deux heures de Tarsus, et l'ouverture de cette grotte donne sur le nord, comme il est spécifié dans le Coran."49

Les débats qui se développèrent pour savoir où et à quelle époque vécurent les Compagnons de la Grotte, ont toujours incité les autorités à entreprendre des recherches sur le sujet, et beaucoup d'encre a coulé sur cette question. Cependant, rien ne peut être considéré comme étant sûr et définitif, et les questions posées demeurent à ce jour dépourvues de réponses substantielles.

CONCLUSION

N'ont-ils pas parcouru la terre pour voir ce qu'il est advenu de ceux qui ont vécu avant eux? Ceux-là les surpassaient en puissance et avaient labouré et peuplé la terre bien plus qu'ils ne l'avaient fait eux-mêmes. Leurs messagers leur vinrent avec des preuves évidentes. Ce n'est pas Allah qui leur fit du tort; mais ils se firent du tort à eux-mêmes.

(Surat ar-Rum: 9)

Tous les peuples dont nous avons parlé jusqu'à présent avaient un ensemble de caractéristiques communes: ils transgressaient la loi d'Allah, ils attribuaient à d'autres qu'Allah des qualités qui Lui appartiennent exclusivement, ils se comportaient de façon arrogante, ils spoliaient la propriété d'autrui, leur sexualité était déviée et ils faisaient preuve d'insolence. Un autre dénominateur commun était leur hostilité agressive à l'encontre des Musulmans qui se trouvaient assujettis à eux, et ils se livraient à toutes sortes d'intimidations.

Les récits délivrés dans le Coran n'ont certainement pas pour objectif de donner des leçons d'histoire. Le Coran précise au contraire que les histoires des prophètes ne sont racontées que pour servir "d'exemple". La destruction des générations passées devrait inciter celles qui suivent à suivre le droit chemin:

Cela ne leur a-t-il pas servi d'avertissement, que Nous ayons fait périr avant eux tant de générations dans les demeures desquelles ils marchent maintenant? Voilà bien là des leçons pour les gens doués d'intelligence. (Surat Ta-Ha: 128)

Si nous considérons tous ces "exemples", nous pouvons nous rendre compte à quel point des pans entiers des sociétés ne sont pas meilleurs, en termes de dégénérescence et de transgression, que les peuples du passé qui ont péri et qui ont été décrits dans les différents récits.

L'un des aspects les plus significatifs de l'époque actuelle est le nombre élevé d'homosexuels, ce qui nous fait penser au peuple de Loth. Ces gens déviés ont même dépassé ce qui pouvait être commis à Sodome et Gomorrhe, ou bien encore à Pompéi.

Toutes les sociétés que nous avons examinées ont été châtiées par le biais de désastres naturels. Il pourrait bien en être de même pour les sociétés actuelles qui sont égarées et qui offensent Allah.

Il ne faut pas oublier qu'Allah est susceptible de punir une quelconque personne ou une quelconque nation quand Il le veut. Ou bien Il peut laisser qui Il veut mener une vie ordinaire dans ce monde et le châtier ensuite dans l'au-delà. Dans le Coran, Allah précise à ce sujet:

Nous saisîmes donc chacun pour son péché: il y en eut sur qui Nous envoyâmes un ouragan chargé de pierres; il y en eut que le cri affreux saisit; il y en eut que Nous fîmes engloutir par la terre; et il y en eut que Nous noyâmes. Cependant, Allah n'est pas de nature à leur faire du tort; mais ils se sont fait du tort à eux-mêmes. (Surat al-'Ankabut: 40)

Allah nous parle également dans le Coran du cas d'un croyant, contemporain de Musa et membre de la famille de Pharaon, qui dissimulait sa foi. Il s'adressa en ces termes à ses concitoyens:

… Ô mon peuple, je crains pour vous un jour semblable à celui des Coalisés. Un sort semblable à celui du peuple de Nuh, des 'Ad et des Thamud, et de ceux qui vécurent après eux. Mais Allah ne veut faire subir aucune injustice à Ses serviteurs. Ô mon peuple, je crains pour vous le Jour où les gens s'appelleront mutuellement, le Jour où vous tournerez le dos en déroute, sans qu'il y ait de protecteur pour vous contre Allah. Et quiconque est égaré par Allah n'a point de guide. (Surat al-Ghafir: 30-33)

Tous les prophètes ont averti leur peuple, ils ont attiré leur attention sur la réalité du Jour du Jugement et se sont efforcés de leur communiquer la crainte du châtiment d'Allah, tout comme l'avait fait ce croyant qui cachait sa foi. Les prophètes qui se sont succédés ont consacré à ressasser toutes ces choses encore et encore. Et pourtant, dans la plupart des cas, ceux à qui ils s'adressaient les ont accusés d'hypocrisie, pensant qu'ils ne cherchaient qu'à acquérir des biens matériels ou à asseoir leur supériorité sur eux, et ainsi ils se sont enfoncés aveuglément dans leurs propres systèmes de vie, demeurant sourds aux appels de leurs prophètes et ne se remettant pas en question. Certains sont même allés plus loin et ont essayé de tuer ou de faire dévier les croyants. Le nombre des partisans de chaque prophète a toujours été faible. Mais ces quelques personnes sincères ont été, à chaque fois, sauvées aux côtés de leur prophète lorsque leur communauté pervertie a subi l'anéantissement.

En dépit des milliers d'années s'étant écoulées et des bouleversements technologiques et de l'évolution des modes de vie, les structures sociales des incroyants n'ont guère évolué. Et comme nous l'avons dit plus haut avec insistance, la majorité des sociétés du monde possède tous les traits déviés des différents peuples évoqués par le Coran; tout comme les Thamud qui trichaient sur les mesures, il y a aujourd'hui de nombreux faussaires et escrocs. Il existe d'autre part une "communauté homosexuelle", qui se trouve être même légalement protégée. Par ailleurs, la plupart de nos contemporains se montrent aussi rebelles et ingrats que les membres du peuple de Saba, aussi peu reconnaissants que le peuple d'Iram pour les richesses qu'ils possèdent, aussi insolents et négateurs que le peuple de Nuh à l'égard des croyants, et aussi peu soucieux de justice sociale que le peuple de 'Ad.

Ce sont là vraiment des signes significatifs…

Nous devrions être conscients que les avancées technologiques tout comme les richesses d'une nation ne peuvent pas protéger du châtiment d'Allah. Le Coran nous rappelle cette réalité:

N'ont-ils pas parcouru la terre pour voir ce qu'il est advenu de ceux qui ont vécu avant eux? Ceux-là les surpassaient en puissance et avaient labouré et peuplé la terre bien plus qu'ils ne l'avaient fait eux-mêmes. Leurs messagers leur vinrent avec des preuves évidentes. Ce n'est pas Allah qui leur fit du tort; mais ils se firent du tort à eux-mêmes. (Surat ar-Rum: 9)

Ils dirent: "Gloire à Toi! Nous n'avons de savoir que ce que Tu nous as appris.

Certes c'est Toi l'Omniscient, le Sage."

(Surat al-Baqara: 32)