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25 Mart 2010 Perşembe

Les preuves archéologiques du déluge de Nuh

Il n'est pas surprenant qu'aujourd'hui nous découvrions les traces des communautés dont le Coran nous dit qu'elles ont été détruites. L'archéologie vient confirmer le fait que plus une communauté disparaît brusquement, plus il est probable que nous puissions exhumer certains de ses vestiges.

Dans le cas de la disparition soudaine d'une civilisation, par exemple suite à un cataclysme naturel, ou à un exode massif pour cause de guerre, les traces de la civilisation en question pourront être bien mieux préservées. Les maisons et les outils de la vie quotidienne sont en effet recouverts par la terre en un laps de temps assez court; ils se trouvent ainsi préservés pour de très longues périodes, non altérés par la main des hommes, et ils fournissent des renseignements abondants sur le passé lorsqu'ils sont mis à jour par les archéologues.

C'est ainsi que de nombreuses traces du déluge de Nuh ont été découvertes de nos jours. On estime que cette catastrophe remonte environ au 3ème millénaire avant Jésus-Christ, toute une civilisation a disparu brutalement et plus tard une toute nouvelle civilisation a vu le jour à sa place. Les preuves du déluge ont donc été préservées pendant des milliers d'années, pour nous servir d'avertissement.

Nombreuses ont été les recherches menées dans les plaines de Mésopotamie afin d'en savoir plus sur le déluge. Ainsi, les vestiges de quatre grandes cités ont permis de révéler les traces de ce qui a été une inondation majeure. Ces cités étaient les plus grandes de Mésopotamie: Ur, Erech, Kish et Shuruppak.

Ces quatre villes auraient été submergées par les eaux vers le 3ème millénaire avant Jésus-Christ.

Examinons d'abord le cas des fouilles menées dans la cité d'Ur.

Les plus anciens vestiges d'une civilisation mis à jour lors des fouilles menées dans cette cité, sur laquelle est bâtie la ville actuelle de "Tell al-Muqayyar", remontent à près de 7000 ans avant Jésus-Christ. Plusieurs cultures se sont succédées dans cette région où diverses populations se sont installées au cours de l'histoire.

Les archéologues ont réussi à montrer qu'une rupture de civilisation s'est produite suite au déluge, et qu'ensuite de nouvelles civilisations ont émergé plus tard. R. H. Hall, du British Museum, a entrepris les premières fouilles en ce lieu. Leonard Woolley, qui assuma la direction des fouilles après Hall, dirigea des recherches communes entreprises conjointement par le British Museum et l'Université de Pennsylvanie. Les fouilles conduites par Woolley, et qui eurent un retentissement mondial, durèrent de 1922 à 1934.

Les fouilles de Sir Woolley se sont déroulées au milieu du désert entre Bagdad et le Golfe Persique. Les fondateurs de la cité d'Ur étaient un peuple venu du Nord de la Mésopotamie et qui se surnommaient eux-mêmes "Ubaidiens". Assez rapidement, des informations furent rassemblées sur ce peuple. Les découvertes réalisées par Woolley sont ainsi décrites par l'archéologue allemand Werner Keller:

"Les tombes des rois d'Ur", c'est ainsi que Woolley, grisé par sa joie de les avoir découvertes, avait surnommé les tombes de nobles Sumériens dont l'authentique splendeur avait été exposée au grand jour lorsque les pioches des archéologues avaient attaqué un tumulus à quinze mètres au sud du temple, permettant de mettre à jour une longue rangée de tombes surmontées de pierres. Ces caveaux de pierre renfermaient de véritables trésors, car ils étaient remplis de gobelets coûteux, de cruches et de vases magnifiquement façonnés, de vaisselle de bronze, de mosaïques de perles, de lapis-lazuli et d'argent entourant ces corps moisis dans la poussière. Des harpes et des lyres reposaient adossés aux murs. Il écrivit plus tard dans son journal personnel: "Presqu'immédiatement des découvertes furent réalisées, qui confirmèrent nos hypothèses. Directement sous le sol d'une tombe royale, nous avons trouvé de nombreuses tablettes en argile au milieu de cendres de bois brûlé, qui comportaient des caractères d'un type beaucoup plus ancien que celui des caractères figurant sur les tombes. À en juger par la nature de l'écriture, ces tablettes pourraient remonter à environ 3000 ans avant Jésus-Christ. Elles seraient donc antérieures de deux ou trois siècles à celles des tombes."

Les puits de fouille devinrent de plus en plus profonds. De nouvelles couches, comportant des fragments de jarres, de poteries et de bols, continuèrent à être exhumés. Les experts remarquèrent que les poteries changeaient peu d'une couche à l'autre. Elles avaient exactement la même apparence que les vestiges trouvés dans les tombes royales. Par conséquent, il semblait que pendant des siècles la civilisation sumérienne n'avait pas subi de changement radical. Ainsi ils avaient atteint très tôt un niveau de développement étonnamment élevé.

C'est alors qu'après plusieurs jours de travail les ouvriers de Woolley appelèrent ce dernier: "Nous avons découvert une nouvelle couche." Il se rendit au fond du puits pour en avoir le cœur net. Sa première pensée fut: "Nous y sommes enfin." Il s'agissait de sable, de sable pur d'un genre qui ne pouvait avoir été déposé que par de l'eau.

Ils décidèrent de continuer à creuser le puits encore plus profondément. Les pelles et les pioches retournèrent de nouveau le sol: un mètre, deux mètres, et toujours la même couche de vase pure. Soudain, à trois mètres de profondeur, la couche de vase cessa aussi brutalement qu'elle avait commencé: de nouvelles traces d'un habitat humain venaient d'être mises en évidence; mais la qualité de la poterie s'était considérablement altérée. Ici, elle avait été fabriquée par les seules mains de l'homme, sans instruments. On ne trouva aucune présence de métal. Les seuls outils exhumés là étaient de très primitifs silex taillés. Ils remontaient sans doute à l'Âge de pierre!

Le déluge était la seule explication possible de ce grand dépôt d'argile découvert sous cette colline à Ur, qui séparait clairement deux époques de civilisation humaine. La mer avait laissé ses traces indélébiles sous la forme de petits organismes marins incrustés dans la boue.4

Les analyses microscopiques ont révélé que ce grand dépôt de boue argileuse sous la colline d'Ur s'est accumulé à la suite d'une submersion si forte que toute l'ancienne civilisation sumérienne a dû être emportée. L'épopée de Gilgamesh et l'histoire de Nuh se trouvaient ainsi réunies dans ce puits creusé profondément sous le désert iraqien.

Max Mallowan a rapporté les pensées de Leonard Woolley, qui a dit qu'une aussi énorme masse d'alluvions formée en une seule fois ne peut être le résultat que d'une gigantesque inondation. Woolley a également décrit la couche séparant la cité sumérienne d'Ur de la cité d'Al-Ubaid, dont les habitants utilisaient de la poterie peinte, comme étant un vestige de déluge.5

Ces recherches ont ainsi permis de montrer que la cité d'Ur s'est trouvée au cœur du déluge. Werner Keller a exprimé l'importance des excavations susmentionnées en disant que la mise à jour des restes d'une cité sous une couche de boue prouve qu'une inondation dévastatrice a eu lieu à cet endroit.6

Une autre cité mésopotamienne porteuse des traces du déluge est "Kish des Sumériens", qui correspond à la ville actuelle de Tall Al-Uhaimer. Selon d'anciennes sources sumériennes, cette cité a été le "berceau de la première dynastie post-diluvienne".7

La cité de Shuruppak, au sud de la Mésopotamie, qui correspond à la ville actuelle de Tall Fa'rah, recèle aussi des traces apparentes d'un déluge. Les études archéologiques dans cette cité ont été menées par Erich Schmidt, de l'Université de Pennsylvanie, entre 1920 et 1930. Des fouilles ont permis d'y mettre à jour trois couches porteuses de restes d'habitations appartenant à une période comprise entre la lointaine préhistoire et la troisième dynastie d'Ur (2112-2004 avant Jésus-Christ). Les découvertes les plus significatives ont été les ruines de maisons bien construites ainsi que des tablettes portant des caractères cunéiformes et à caractère administratif, indiquant qu'une société hautement développée existait déjà là vers la fin du 4ème millénaire avant Jésus-Christ.8

Ce qui est important, c'est que le désastre du déluge semble s'être produit dans cette cité vers 3000-2900 avant Jésus-Christ. D'après ce qui a été rapporté par Mallowan, Schmidt a atteint, à 4-5 mètres sous la terre une couche jaunâtre (formée par le déluge) composée d'un mélange de sable et d'argile. Schmidt a défini cette couche argilo-sableuse, qui datait de l'époque de l'Ancien Royaume de Cemdet Nasr, comme étant "d'origine fluviale", et devant être associée au déluge de Nuh.9

Probablement, la cité de Shuruppak fut aussi affectée que les autres cités par le déluge, et les indices découverts le font donc remonter au début du 3ème millénaire avant Jésus-Christ.10

Le dernier endroit qui semble avoir été affecté par le déluge est la cité d'Erech, au sud de Shuruppak, connue aujourd'hui sous le nom de Tall Al-Warka. Une couche de boue y a été mise en évidence, à l'instar des autres cités, dont l'ancienneté est semblable aux autres couches du même type découvertes ailleurs.11

Il est un fait bien connu que le Tigre et l'Euphrate traversent la Mésopotamie d'un bout à l'autre. Il semble que, durant les événements diluviens, ces fleuves ainsi que de nombreux points d'eau et rivières débordèrent et que, ces eaux s'ajoutant aux eaux de pluie, cela engendra une catastrophe sans précédent. Allah décrit dans le Coran cette conjonction des eaux:

Nous ouvrîmes alors les portes du ciel à une eau torrentielle, et Nous fîmes jaillir de la terre des sources. Les eaux se rencontrèrent d'après un ordre qui était déjà décrété. (Surat al-Qamar: 11-12)

Lorsque les causes secondaires du déluge sont examinées une par une, toutes apparaissent comme étant des phénomènes tout à fait naturels. Ce qui a rendu l'événement extraordinaire, c'est leur occurrence simultanée, et faisant suite justement aux avertissements lancés par Nuh.

L'établissement en différents lieux de preuves relatives à l'existence du déluge a permis d'estimer la superficie affectée par le désastre: environ 160 km d'ouest en est, sur 600 km du nord au sud. Cela revient à dire que toutes les plaines mésopotamiennes ont été touchées. Lorsque nous citons les cités de Ur, Erech, Shuruppak et Kish dans cet ordre-là, nous nous apercevons qu'elles sont situées le long d'une même route. Par conséquent, les environs de ces villes ont dû être également inondés. Il faut par ailleurs noter que vers 3000 avant Jésus-Christ, la structure géographique de la Mésopotamie différait de celle d'aujourd'hui; à cette époque-là, le lit de l'Euphrate passait plus à l'est que de nos jours, et cet ancien cours passait à proximité des quatre cités susmentionnées. Avec l'ouverture des "sources de la terre et du ciel", il semble que le fleuve Euphrate soit sorti de son lit et ait pu détruire ces villes.

Religions et cultures mentionnant le déluge

L'existence du déluge a été mentionnée à presque tous les peuples par l'intermédiaire des prophètes communiquant la religion de vérité, mais ce fait historique a été ensuite transformé en légendes par ces différentes communautés, qui ont corrompu l'histoire et effectué des ajouts.

Allah a communiqué aux humains des informations concernant le déluge de Nuh par l'intermédiaire de Ses messagers et livres, suscités auprès de diverses communautés à titre d'exemple et d'avertissement. Cependant, à chaque fois que les textes divins ont été altérés, les descriptions du déluge se sont trouvées entremêlées d'apports mythologiques. Seul le Coran résiste à l'épreuve des faits empiriquement observables. Et ce parce qu'Allah est le gardien de ce Livre, le préservant de toute corruption et ne permettant pas que même le plus petit changement y soit apporté. Le Coran est ainsi placé sous la protection spéciale d'Allah:

En vérité c'est Nous qui avons fait descendre le message, et c'est Nous qui en sommes le Gardien. (Surat al-Hijr: 9)

Dans la dernière partie de ce chapitre relatif au déluge, nous allons voir comment cet événement a été décrit, bien qu'avec plusieurs déformations, dans différentes cultures ainsi que dans les Ancien et Nouveau Testaments.

LA VIE DU PROPHÈTE IBRAHIM

Ibrahim n'était ni Juif ni Chrétien; Mais il était un pur monothéiste qui n'adorait qu'Allah seul, entièrement soumis à Allah. Et il n'était pas du nombre des idolâtres. Certes, les hommes les plus dignes de se réclamer d'Ibrahim sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce prophète-ci et ceux qui ont cru. Et Allah est le protecteur des croyants.

(Surat Ali 'Imran: 67-68)

Le Prophète Ibrahim (Abraham) est souvent cité dans le Coran et Allah le place en avant comme exemple pour les gens. Il a transmis le message d'Allah à son peuple qui adorait des idoles, et il les a avertis afin qu'ils se mettent à craindre Allah. Mais non seulement il ne fut pas écouté mais, pire encore, il fut harcelé. Lorsque l'oppression s'accrut, Ibrahim et sa femme durent chercher refuge ailleurs, ainsi que probablement le Prophète Loth et quelques autres croyants.

Ibrahim était de la descendance de Nuh. Allah établit dans le Coran aussi qu'il a suivi la voie de Nuh:

Paix et salut sur Nuh dans tout l'univers! Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Il était, certes, un de Nos serviteurs croyants. Ensuite Nous avons noyé les autres. Du nombre de ses disciples il y avait, certes, Ibrahim. (Surat As-Saffat: 79-83)

Au temps du Prophète Ibrahim, nombreux étaient les gens de Mésopotamie, ainsi que d'Anatolie Centrale et Orientale, qui adoraient les cieux et les étoiles. Leur plus importante divinité s'appelait "Sin", le dieu-Lune. Il était personnifié sous la forme d'un humain portant une longue barbe, portant un long vêtement où figurait un croissant de lune. De plus, ces gens-là réalisaient des figures en relief ainsi que des sculptures de leurs divinités, et ils se livraient à leur adoration. C'était un système de croyances très répandu, qui trouvait au Proche-Orient un terreau fertile, et qui s'est pour cette raison maintenu fort longtemps. Les habitants de cette région ont observé ce culte jusqu'à environ 600 ans avant Jésus-Christ. Comme conséquence de cette façon de voir les choses, certaines constructions appelées "ziggourats", faisant office à la fois d'observatoires et de temples, furent construites dans cette partie du monde, depuis la Mésopotamie jusque loin à l'intérieur de l'Anatolie; certains dieux, notamment le dieu-Lune "Sin", y étaient adorés.12

Cette attitude religieuse, révélée par de récentes découvertes archéologiques, était pourtant déjà mentionnée dans le Coran, où il est dit qu'Ibrahim rejeta l'adoration de ces divinités pour se tourner exclusivement vers Allah, le seul vrai Dieu. Dans le Coran, le comportement d'Ibrahim est ainsi exposé:

Et rappelle quand Ibrahim dit à Azar, son père: "Prends-tu des idoles comme divinités? Je te vois, toi et ton peuple, dans un égarement évident!" Ainsi avons-Nous montré à Ibrahim le royaume des cieux et de la terre, afin qu'il fût de ceux qui croient avec conviction. Quand la nuit l'enveloppa, il observa une étoile et dit: "Voilà mon Seigneur!" Puis, lorsqu'elle disparut, il dit: "Je n'aime pas les choses qui disparaissent." Lorsque ensuite il observa la Lune se levant, il dit: "Voilà mon Seigneur!" puis, lorsqu'elle disparut, il dit: "Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés." Lorsque ensuite il observa le Soleil se levant, il dit: "Voilà mon Seigneur! Celui-ci est plus grand." Puis lorsque le Soleil disparut, il dit: "Ô mon peuple, je désavoue tout ce que vous associez à Allah. J'ai orienté toute mon adoration vers Celui qui a créé à partir du néant les cieux et la Terre, en pur monothéiste , et je ne fais pas partie des associateurs." (Surat Al-An'am: 74-79)

Dans le Coran, le lieu de naissance d'Ibrahim, ainsi que la région où il a vécu, ne sont pas précisés en détail. Mais il est indiqué qu'Ibrahim et Loth ont été proches l'un de l'autre et furent donc contemporains, du fait que les anges envoyés auprès du peuple de Loth sont venus rencontrer Ibrahim, annonçant à sa femme la bonne nouvelle de la venue prochaine d'un enfant, avant d'aller rejoindre Loth.

Un point important relatif à Ibrahim, évoqué dans le Coran, et non mentionné dans l'Ancien Testament, est la construction de la Ka'bah. Dans le Coran, il nous est dit que la Ka'bah a été construite par Ibrahim et son fils Ismail. Aujourd'hui, la seule chose connue par les historiens à propos de la Ka'bah est qu'elle constitue un lieu sacré depuis des temps très anciens. L'introduction d'idoles à l'intérieur de la Ka'bah durant l'Age de l'Ignorance préalablement à la venue de Muhammad (pssl), est une conséquence de la dégénérescence et de la distorsion de la religion divine révélée autrefois à Ibrahim.

Les sources et les jardins des 'Ad

De nos jours, le désert domine très largement dans le sud de l'Arabie. Les seules exceptions sont les cités et les parcelles de territoire qui ont bénéficié d'une reforestation. Le désert règne depuis des centaines, voire des milliers d'années.

Mais dans le Coran, l'un des versets relatifs aux 'Ad fournit une information importante quant aux caractéristiques physiques de cette région; tout en avertissant son peuple, Hud attire leur attention sur les sources et les jardins qu'Allah leur a accordés:

Craignez donc Allah et obéissez-moi. Craignez Celui qui vous a pourvus de toutes les bonnes choses que vous connaissez, qui vous a accordés des bestiaux et des enfants, des jardins et des sources. Je crains pour vous le châtiment d'un jour terrible. (Surat ash-Shu'ara: 131-135)

Mais comme nous l'avons remarqué précédemment, Ubar ainsi que tout autre emplacement ayant pu héberger les 'Ad, est aujourd'hui recouvert par le désert. Alors, pourquoi Hud a-t-il parlé de cette façon lors de sa mise en garde?

La réponse est contenue dans les changements climatiques qui se sont produits au cours de l'histoire. Des sources fiables mentionnent l'existence de terres fertiles et de forêts, là où règne aujourd'hui le désert. Ainsi le Sud Yémen était-il, à une époque reculée, une région verdoyante, comme le sous-entend le Coran.

Les forêts permettaient alors de tempérer le climat difficile des alentours, et rendait la région tout à fait vivable. Le désert existait bien ici et là, mais son ampleur était modeste.

En Arabie du Sud, des découvertes significatives ont été effectuées là où les 'Ad vivaient, qui permettent de projeter un peu plus de lumière sur ce sujet. Ainsi on a pu montrer que les habitants de cette région utilisaient un système d'irrigation hautement développé, qui ne servait probablement qu'à l'agriculture. Dans ces régions, en effet, les gens cultivaient autrefois la terre.

Les photos satellites ont également révélé l'ancienne existence d'un vaste système de canaux et de barrages utilisés pour l'irrigation autour de Ramlat et Sab'atayan, dont on estime qu'il a pu faire vivre plus de 200.000 personnes dans l'ensemble de ces cités.25 Doe, l'un des chercheurs ayant participé à l'opération, a d'ailleurs déclaré: "La région autour de Ma'rib devait être si fertile que l'on peut imaginer que tout le territoire compris entre Ma'rib et Hadhramaut était alors cultivé."26

Des auteurs anciens ont décrit cette région comme étant très fertile, parsemée de collines boisées et de rivières. Les inscriptions trouvées dans d'anciens temples près de Shawbah, la capitale des Hadramites, révèlent que la chasse était pratiquée dans cette région et que certains animaux étaient sacrifiés. Tout ceci confirme que le désert était alors marginal.

La vitesse de propagation du désert est mieux connue depuis les travaux de l'Institut Smithsonien au Pakistan, où une région réputée pour sa fertilité au Moyen Age s'est trouvée transformée en un désert sableux, avec des dunes hautes de six mètres, le désert ayant avancé d'environ 15 centimètres par jour. À cette vitesse, les sables peuvent "avaler" même les plus hauts bâtiments, et les recouvrir comme s'ils n'avaient jamais existé. Ainsi des fouilles menées à Timna au Yémen dans les années 50 ont déjà été presque entièrement recouvertes. Les pyramides égyptiennes se trouvaient aussi entièrement ensablées autrefois, et il a fallu mener de longs travaux pour les mettre à jour de nouveau. En conclusion, nous pouvons affirmer que de nombreuses régions où sévit le désert de nos jours avaient il y a longtemps un tout autre aspect.

La transmission du message par le Prophète Salih

Les Thamud ont traité de mensonges les avertissements. Ils dirent: "Allons-nous suivre un seul homme [Salih] d'entre nous-mêmes? Nous serions alors dans l'égarement et la folie. Est-ce que le message a été envoyé à lui à l'exception de nous tous? C'est plutôt un grand menteur, plein de prétention et d'orgueil."

(Surat al-Qamar: 23-26)

Comme il est dit dans le Coran, les Thamud méprisèrent les mises en garde d'Allah tout comme les 'Ad avaient agi avant eux, et ils furent donc châtiés en conséquence. Aujourd'hui, suite aux études archéologiques et historiques, beaucoup d'éléments ont été mis en lumière, qui étaient inconnus auparavant: par exemple le lieu où vivaient les Thamud, leurs demeures et leurs styles de vie. Les Thamud constituent donc une réalité historique, annoncée par le Coran bien avant que des études modernes ne viennent l'authentifier.

Avant d'examiner les découvertes archéologiques liées à ce peuple, il est utile d'examiner ce qui est rapporté par le Coran concernant leur opposition obstinée à leur prophète. Et comme le Coran est un livre s'adressant aux gens de toutes les époques, le destin des Thamud est en fait un avertissement destiné à toutes les générations, en tout lieu.

La transmission du message par le Prophète Salih

Dans le Coran, il est dit que le Prophète Salih fut suscité auprès de ses frères les Thamud, en guise d'avertisseur. Salih était, avant d'être investi de sa qualité de prophète, un personnage éminent au sein de sa société. Ses concitoyens, qui ne s'attendaient pas à ce qu'il proclame la religion de vérité, furent surpris de l'entendre les exhorter à abandonner leurs déviations. Leur première réaction fut de le calomnier et de jeter l'anathème sur lui:

Et Nous avons envoyé au peuple de Thamud leur frère Salih, qui dit: "Ô mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez point de divinité en dehors de Lui. De la terre Il vous a créés, et Il vous l'a fait peupler. Implorez donc Son pardon puis repentez-vous à Lui. Mon seigneur est bien proche et Il répond toujours aux invocations." Ils dirent: "Ô Salih, tu étais auparavant un espoir pour nous. Nous interdirais-tu d'adorer ce qu'adoraient nos ancêtres? Cependant, nous voilà bien dans un doute troublant au sujet de ce vers quoi tu nous invites." (Surat Hud: 61-62)

Peu nombreux furent ceux qui acceptèrent de suivre l'appel de Salih, la plupart préférant demeurer dans une attitude de rejet. En particulier, les chefs de la communauté renièrent Salih et s'opposèrent à lui aveuglément. Ils s'efforcèrent de nuire à ceux qui suivaient Salih, essayant de les opprimer. Ils enrageaient contre Salih, car il les appelait à adorer Allah. Cette hargne n'était pas spécifique aux Thamud; car les Thamud ne faisaient qu'emboîter le pas au peuple de Nuh et aux 'Ad, qui avaient vécu avant eux, réitérant leurs erreurs. Le Coran fait ainsi référence à ces trois communautés comme suit:

Ne vous est-il pas parvenu le récit de ceux qui vous ont précédés: du peuple de Nuh, des 'Ad, des Thamud et de ceux qui vécurent après eux, et que seul Allah connaît? Leurs messagers vinrent à eux avec des preuves, mais ils dirent, portant leurs mains à leurs bouches: "Nous ne croyons pas au message avec lequel vous avez été envoyés et nous sommes, au sujet de ce à quoi vous nous appelez, dans un doute vraiment troublant." (Surat Ibrahim: 9)

En dépit des avertissements du Prophète Salih, les gens continuèrent d'être assaillis par le doute, hormis une petite minorité de croyants, qui d'ailleurs furent sauvés lorsque vint la grande catastrophe. Et les chefs de la communauté exercèrent des pressions sur eux:

Les notables de son peuple qui s'enflaient d'orgueil dirent aux opprimés, à ceux d'entre eux qui avaient la foi: "Savez-vous si Salih est envoyé de la part de son Seigneur?" Ils dirent: "Oui, nous croyons à son message." Ceux qui s'enflaient d'orgueil dirent: "Nous, nous ne croyons certainement pas en ce à quoi vous avez cru'." (Surat al-A'raf: 75-76)

L'hostilité ne fit que croître, et un groupe parmi les mécréants se mit même à comploter en vue d'attenter à la vie de Salih, en jurant paradoxalement par Allah qu'ils s'engageaient à s'en débarrasser

Ils dirent: "Nous voyons en toi et en ceux qui sont avec toi des augures de malheur." Il dit: "Votre sort dépend d'Allah. Mais vous êtes plutôt des gens qu'on soumet à la tentation." Et il y avait dans la ville un groupe de neuf individus qui semaient le désordre sur terre et qui ne faisaient rien de bon. Ils dirent: "Jurons par Allah que nous l'attaquerons de nuit, lui et sa famille. Ensuite nous dirons à celui qui sera chargé de le venger: Nous n'avons pas assisté à l'assassinat de sa famille et nous sommes sincères." Ils complotèrent donc, et Nous complotâmes aussi sans qu'ils ne s'en rendent compte. (Surat an-Naml: 47-50)

Pour mettre son peuple à l'épreuve, Salih leur montra une certaine chamelle, selon la révélation d'Allah. Pour voir s'ils suivraient ou non les commandements d'Allah, il leur enjoignit de partager leur eau avec elle et de ne pas lui faire de mal. Mais ils réagirent en la tuant, et ces événements sont évoqués dans le Coran:

Les Thamud traitèrent de menteurs les messagers. Quand Salih, leur frère, leur dit: "Ne craindrez-vous pas Allah? Je suis pour vous un messager digne de confiance. Craignez donc Allah et obéissez-moi. Je ne vous demande pas de salaire pour cela, mon salaire n'incombe qu'au Seigneur des mondes. Vous laissera-t-on en sécurité dans votre condition présente? Au milieu de jardins, de sources, de cultures et de palmiers aux fruits presque mûrs? Creusez-vous habilement des maisons dans les montagnes? Craignez donc Allah et obéissez-moi. N'obéissez pas à l'ordre de ceux qui outrepassent les limites, qui sèment le désordre sur la terre et n'améliorent rien." Ils dirent: "Tu n'es qu'un ensorcelé, tu n'es qu'un homme comme nous. Apporte donc un prodige, si tu es du nombre des véridiques." Il dit: "Voici une chamelle; à elle de boire un jour convenu, et à vous de boire un autre jour. Et ne lui infligez aucun mal, sinon le châtiment d'un jour terrible vous saisira." Mais ils la tuèrent. Eh bien, ils eurent à le regretter! (Surat ash-Shu'ara: 141-157)

Et dans la sourate al-Qamar, le bras de fer entre Salih et son peuple est décrit comme suit:

Les Thamud ont traité de mensonges les avertissements. Ils dirent: "Allons-nous suivre un seul homme [Salih] d'entre nous-mêmes? Nous serions alors dans l'égarement et la folie. Est-ce que le message a été envoyé à lui à l'exception de nous tous? C'est plutôt un grand menteur, plein de prétention et d'orgueil." Demain ils sauront qui est le plus grand menteur plein de prétention et d'orgueil. Nous leur enverrons la chamelle, comme épreuve. Surveille-les donc et sois patient. Et informe-les que l'eau sera en partage entre eux et la chamelle; chacun boira à son tour. Puis ils appelèrent leur camarade, qui prit son épée et la tua. (Surat al-Qamar: 23-29)

Le fait qu'ils ne furent pas punis immédiatement ne fit qu'augmenter leur insolence; ils s'en prirent à Salih, le critiquant et l'accusant d'être un menteur:

Ils tuèrent la chamelle, désobéirent au commandement de leur Seigneur et dirent: "Ô Salih, fais-nous venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des envoyés d'Allah." (Surat al-A'raf: 77)

Allah affaiblit les plans et les stratagèmes des infidèles, et Il sauva Salih des mains de ceux qui voulaient lui nuire. Après cet événement Salih, voyant qu'il avait proclamé le message à son peuple de différentes façons mais que presque personne ne l'avait sérieusement écouté, annonça à son peuple qu'ils seraient détruits dans trois jours:

Mais ils la tuèrent. Alors il leur dit: "Jouissez de vos biens dans vos demeures pendant encore trois jours! Voilà une promesse qui ne sera pas démentie." (Surat Hud: 65)

Promesse tenue: trois jours plus tard, l'avertissement de Salih devint réalité et c'en fut fait des Thamud:

Le cri affreux saisit les injustes. Et les voilà foudroyés dans leurs demeures, comme s'ils n'y avaient jamais prospéré. En vérité, les Thamud n'ont pas cru en leur Seigneur. Que périssent les Thamud! (Surat Hud: 67-68)

Les découvertes archéologiques concernant les Thamud

Parmi tous les peuples mentionnés dans le Coran, les Thamud sont certainement ceux dont nous avons la meilleure connaissance de nos jours. En effet, des sources historiques révèlent qu'un peuple dénommé Thamud a bel et bien existé.

La communauté d'al-Hijr évoquée par le Coran, et les Thamud, ne font probablement qu'un seul peuple, car l'autre nom des Thamud est "Ashab al-Hijr". Donc "Thamud" est le nom d'un peuple, tandis que la cité d'al-Hijr peut être l'une des cités fondées par ce peuple. Un géographe grec ancien a écrit que Domatha et Hegra étaient les endroits où les Thamud habitaient, et que Hegra a cédé plus tard la place à la cité de Hijr.29

Les sources les plus anciennes faisant référence aux Thamud sont les annales des victoires du Roi babylonien Sargon II (8ème siècle avant Jésus-Christ), qui vainquit ce peuple lors d'une campagne menée dans le nord de l'Arabie. Les Grecs font aussi référence à ce peuple sous le terme "Tamudaei", c'est-à-dire "Thamud", notamment dans les écrits de Ptolémée.30 Les Thamud disparurent complètement avant la venue du Prophète Muhammad (pssl), entre 400 et 600 de l'ère chrétienne.

Dans le Coran, les 'Ad et les Thamud sont toujours mentionnés ensemble. De plus, certains versets montrent que les Thamud ont été exhortés à tenir compte du sort des 'Ad qui les ont précédés. Donc les Thamud possédaient de bonnes connaissances sur les 'Ad:

Et au peuple de Thamud Nous avons envoyé leur frère Salih. Il dit: "Ô mon peuple, adorez Allah car vous n'avez pas d'autre divinité que Lui. Et rappelez-vous quand Il vous fit succéder au peuple de 'Ad et vous installa sur la terre. Vous avez édifié des palais dans ses plaines, et taillé des maisons dans les montagnes. Rappelez-vous donc les bienfaits d'Allah et ne répandez pas la corruption sur la terre." (Surat al-A'raf: 73-74)

Il y a donc un lien entre les peuples, et les 'Ad ont peut-être fait partie de l'histoire et de la culture des Thamud. Salih a ordonné à ses concitoyens de prendre en considération l'exemple des 'Ad et de ne pas se croire différents d'eux.

Les 'Ad, quant à eux, avaient reçu en guise d'avertissement l'exemple du peuple de Nuh, qui avait vécu avant eux. Tout comme les 'Ad avaient une importance historique pour les Thamud, le peuple de Nuh avait également une importance historique pour les 'Ad. Ces peuples possédaient d'ailleurs peut-être le même lignage. Mais les lieux où ont vécu les 'Ad et les Thamud étant géographiquement très éloignés, il ne semble pas y avoir de lien entre eux, et pourtant dans le Coran, Allah a exhorté les Thamud à se souvenir des 'Ad et de leur destruction, pourquoi alors vouloir relier les deux peuples?

La réponse apparaît clairement après une courte recherche. La distance entre leurs lieux de vie respectifs est trompeuse. Les Thamud connaissaient les 'Ad car les deux peuples provenaient probablement de la même origine. L'ouvrage Britannica Micropaedia décrit ainsi ce peuple sous le titre "Thamud":

Dans l'Arabie ancienne, tribu ou groupe de tribus qui semblent avoir connu un certain rayonnement. Bien que les Thamud soient probablement originaires de l'Arabie du Sud, un grand nombre d'entre eux ont apparemment émigré très tôt vers le nord, s'établissant de façon privilégiée sur les pentes du Jabal (Mont) Athlab. De récents travaux archéologiques ont permis de mettre à jour des écritures et gravures rupestres non seulement sur le Jabal Athlab, mais aussi en divers lieux d'Arabie Centrale.31

Des traces d'écriture semblables à l'alphabet smaïtique (appelé également thamudique) ont été trouvées en Arabie du Sud et plus haut dans tout le Hidjaz.32 Ces découvertes ont d'abord concerné une région du nord du Yémen connue sous le nom de Thamud, et qui est bordée au nord par le Rub'al Khali, au sud par l'Hadramaut, et à l'ouest par Shabwah.

Nous avons dit plus haut que les 'Ad étaient un peuple vivant en Arabie du Sud. Il est donc très significatif que des vestiges des Thamud aient été trouvés dans la région où vivaient les 'Ad, en particulier là où les Hadramites, descendants des 'Ad, ont vécu. Ceci explicite la relation établie par le Coran entre les deux peuples lorsque Salih a déclaré en s'adressant aux Thamud:

Et au peuple de Thamud Nous avons envoyé leur frère Salih. Il dit: "Ô mon peuple, adorez Allah car vous n'avez pas d'autre divinité que Lui… Et rappelez-vous quand Il vous fit succéder au peuple de 'Ad et vous installa sur la terre…" (Surat al-A'raf: 73-74)

En conclusion, les Thamud ont payé le prix de leur non-obéissance à leur messager, et ils furent détruits. Leurs constructions audacieuses et leurs talentueuses œuvres d'art n'ont pas permis d'éloigner d'eux la punition. Les Thamud furent implacablement éradiqués, tout comme cela s'était déjà produit pour les peuples qui avaient avant eux rejeté la vérité.